Outil gratuit · Art. 22-1 loi 89-462 · Ordonnance 2021-1192

Caution solidaire location 2026 : montant, durée, mentions, solvabilité

Jusqu'à combien un garant s'engage-t-il ? Pendant combien de temps ? Quelles mentions obligatoires pour un acte valide ? Peut-on le résilier ? Toutes les réponses et un double calculateur gratuit.

La rédaction· Contrat-de-location.com
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Loi ALURRéforme des sûretés 2021Double onglet100 % gratuit
⚠ À lire avant de signer : un cautionnement solidaire peut engager un garant sur 6 à 9 ans, pour des sommes dépassant facilement 30 000 €. Beaucoup de personnes signent un tel acte sans mesurer la portée de leur engagement. Ce guide détaille précisément ce à quoi vous vous engagez — et les leviers pour en sortir le cas échéant.

Une mère signe chez l'agent immobilier pour que son fils obtienne un studio parisien. On lui tend un document de trois pages, elle recopie à la main une formule, signe, rentre chez elle. Six ans plus tard, une lettre recommandée lui réclame 18 000 € de loyers impayés et de frais de procédure. Elle n'avait pas compris qu'elle s'engageait pour toute la durée du bail et ses reconductions. Ce type de situation est fréquent. Le cautionnement solidaire est l'une des matières les plus techniques du droit locatif — son régime combine l'article 22-1 de la loi de 1989, les articles 2288 à 2320 du Code civil modifiés par l'ordonnance du 15 septembre 2021, et une jurisprudence dense sur l'information due au garant. Ce guide prend le sujet par le bon bout : d'abord définir l'engagement, ensuite mesurer son ampleur, enfin comprendre les conditions pour s'en dégager.

En résumé :la caution solidaire engage le garant aux côtés du locataire, pour le montant indiqué dans l'acte (en chiffres et en lettres). Sa durée peut être déterminée (engagement fixe) ou indéterminée (résiliable par la caution, effet à la fin du bail en cours). Le garant doit idéalement gagner 4× le loyer CC. Un bailleur ne peut pas cumuler caution personne physique et assurance loyers impayés, sauf pour les étudiants, les apprentis, ou si la caution est une personne morale (Visale notamment).

L'essentiel sur le cautionnement

Le cautionnement est l'engagement pris par une tierce personne — la caution, aussi appelée garant dans le langage courant — de payer les dettes du locataire en cas de défaillance. Juridiquement, il relève d'un double régime : l'article 22-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 fixe des règles spécifiques au bail d'habitation (mentions obligatoires, interdiction de cumul avec la GLI, faculté de résiliation), et les articles 2288 et suivants du Code civil encadrent le régime général du cautionnement (mention manuscrite, information annuelle, extinction).

L'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021portant réforme du droit des sûretés a profondément modernisé ce régime. Elle a simplifié la mention manuscrite (qui n'est plus une formule figée), renforcé l'obligation d'information annuelle, et clarifié les conditions d'extinction de la caution au décès du garant. Les actes signés avant le 1ᵉʳ janvier 2022 restent soumis à l'ancien régime ; ceux signés après suivent le nouveau.

Attention à la confusion caution / dépôt de garantie. Le dépôt de garantie est une somme d'argent versée par le locataire, conservée par le bailleur, restituée en fin de bail. La caution est une personne qui s'engage à payer si le locataire ne le fait pas. Les deux peuvent coexister. Notre guide du dépôt de garantie détaille ce point.

Caution simple ou solidaire ?

Le Code civil connaît deux variantes du cautionnement, aux effets très différents pour le garant.

La caution simple bénéficie de deux protections : le bénéfice de discussion (art. 2305 C. civ.), qui oblige le bailleur à poursuivre d'abord le locataire défaillant sur son propre patrimoine avant de se tourner vers la caution ; et le bénéfice de division (art. 2306 C. civ.), qui répartit la dette entre plusieurs cautions quand il y en a. Ces deux bénéfices ralentissent considérablement la procédure et offrent une protection réelle au garant.

La caution solidaire renonce expressément à ces deux bénéfices. Le bailleur peut alors se retourner directement contre la caution dès le premier impayé, sans avoir à épuiser les voies de recours contre le locataire. Si plusieurs cautions solidaires existent, chacune peut être appelée pour la totalité de la dette (charge à elles de se retourner entre elles ensuite). La solidarité doit être expressément mentionnéedans l'acte ; à défaut, la caution est simple par défaut.

En pratique, 99 % des bailleurs exigent la solidarité. Une caution simple a peu de valeur commerciale dans un dossier locatif classique — le bailleur doit suivre une procédure plus longue pour obtenir le paiement. Les modèles standards d'acte intègrent donc systématiquement la clause de solidarité.

Personne physique ou personne morale ?

La caution peut être une personne physique ou une personne morale. Cette distinction a des conséquences concrètes, notamment sur la possibilité pour le bailleur de cumuler avec une assurance loyers impayés.

La caution personne physiqueest le cas le plus courant : un parent, un membre de la famille, un ami proche, plus rarement un collègue. Elle est soumise à un régime protecteur (information annuelle, proportionnalité de l'engagement, faculté de résiliation en durée indéterminée). Le bailleur ne peut pas cumuler ce type de caution avec une GLI — c'est l'un ou l'autre.

La caution personne morale regroupe les entreprises (certains employeurs cautionnent leurs salariés lors d'une mobilité), les associations dédiées (comme les Caution Jeune des CROUS) et surtout Action Logement à travers sa garantie Visale. Le régime est plus souple pour le bailleur : cumul autorisé avec la GLI, exigences de forme allégées sur l'acte. Pour le locataire, Visale est souvent la meilleure solution : gratuit, rapide, très couvrant.

Un bailleur a le droit d'exiger un type de caution plutôt qu'un autre (personne physique ou morale), selon ses préférences. Inversement, un locataire peut proposer Visale comme alternative à une caution familiale — les bailleurs sont de plus en plus ouverts à cette solution, car elle offre une couverture plus large (36 mois d'impayés) avec moins de formalités de suivi.

Durée déterminée ou indéterminée ?

C'est le point de confusion principal en matière de cautionnement, et celui qui génère le plus de litiges. Distinguer les deux cas est essentiel.

Cautionnement à durée déterminée : l'acte fixe un terme précis, en années ou en référence à la durée du bail. Exemple : « la présente caution est consentie pour la durée de trois ans correspondant au bail initial, ainsi que pour le premier renouvellement ». L'engagement s'éteint automatiquement à cette date. Le garant n'a rien à faire ; une fois le terme atteint, le cautionnement disparaît, y compris pour les dettes postérieures. C'est la formule préférable pour la caution, car elle plafonne l'engagement dans le temps.

Cautionnement à durée indéterminée : l'acte ne fixe pas de terme. L'engagement court tant que le garant ne le résilie pas unilatéralement. La faculté de résiliationest prévue par l'article 22-1 alinéa 6 de la loi de 1989 et doit être reproduite dans l'acte. Le garant peut à tout moment dénoncer son engagement par lettre recommandée avec accusé de réception au bailleur.

Point crucial : la résiliation d'un cautionnement à durée indéterminée ne prend effet immédiatement — elle ne joue qu'à la fin du bail en cours. Si le garant notifie sa résiliation alors qu'il reste deux ans à courir sur un bail renouvelé il y a un an, il reste tenu pendant ces deux ans. Au-delà, plus aucune dette nouvelle ne peut lui être réclamée. Mais pour les dettes nées avant la résiliation (loyers impayés accumulés sur les dernières années), la caution reste tenue même après.

Piège fréquent : certains garants pensent que signer « pour la durée du bail » (sans précision) équivaut à une durée déterminée de 3 ans. Erreur : les tribunaux interprètent souvent cette formulation comme renvoyant au bail et ses reconductions, soit potentiellement 9 ans ou plus. Pour une durée déterminée vraiment limitée, il faut écrire explicitement« trois ans » ou « bail initial uniquement, sans reconduction ».

Le montant maximum garanti

La caution est tenue dans la limite du montant expressément indiqué dans l'acte. Cette précision est essentielle : c'est le plafond absolu de l'engagement. Toute réclamation au-delà est rejetée par les tribunaux.

Montant plafond≈ Loyer CC × Durée d'engagement (en mois) + 10 % de majoration (frais, intérêts, indemnités)

Le montant doit être apposé en chiffres et en lettres de la main de la caution. En cas de divergence entre les deux, les lettres prévalent(règle classique du Code civil). Ce double écrit n'est pas une formalité secondaire : il prouve la conscience de l'engagement au moment de la signature. Un acte sans montant chiffré explicite peut être frappé de nullité.

Exemples chiffrés :

  • Bail vide de 3 ans, loyer CC 900 € : 36 × 900 = 32 400 €, majoré à environ 35 640 €. Si l'acte couvre une reconduction : 72 × 900 × 1,1 = 71 280 €.
  • Bail meublé de 1 an + 3 reconductions couvertes, loyer CC 900 € : 48 × 900 × 1,1 = 47 520 €.
  • Bail étudiant 9 mois, loyer CC 900 € : 9 × 900 × 1,1 = 8 910 €. Pas de reconduction possible, engagement plafonné à la durée initiale.

Ce que couvre l'engagement : loyers et charges impayés, intérêts de retard (taux légal ou conventionnel prévu au bail), frais de procédure (commissaire de justice, avocat, expertise), indemnités d'occupation si le locataire se maintient dans les lieux après résiliation du bail. Ce qu'il ne couvre pas : les dégradations matérielles (sauf clause expresse, rare et strictement interprétée). Les dégradations relèvent du dépôt de garantie et, au-delà, d'une action en responsabilité distincte contre le locataire.

Les mentions obligatoires de l'acte

Un acte de cautionnement valide doit contenir un ensemble de mentions précises, combinaison des exigences du droit locatif (art. 22-1 loi 89-462) et du droit général (art. 2297 C. civ. après réforme 2021). Leur absence expose l'acte à une nullité totale ou partielle. Sept mentions sont incontournables.

  1. Le montant du loyer CC et ses conditions de révision(indexation IRL notamment). La caution doit savoir précisément ce qu'elle garantit et comment ce montant peut évoluer. Une hausse hors norme (déplafonnement autorisé dans certains cas) peut libérer partiellement la caution.
  2. La mention manuscriteexprimant la connaissance de la nature et de l'étendue de l'obligation (art. 2297 C. civ.). Depuis la réforme de 2021, il n'y a plus de formule figée à recopier : la caution rédige librement une mention traduisant sa compréhension. Mais le contenu doit être suffisamment précis ; une mention générique (« je me porte caution ») ne suffit plus qu'à peine.
  3. Le montant garanti en chiffres ET en lettres, apposé de la main même de la caution. Les lettres prévalent en cas de divergence. Ce double écrit est constant depuis la loi Neiertz (1989) et a été réaffirmé par la réforme 2021.
  4. La durée de l'engagement : déterminée avec un terme précis, ou indéterminée avec la faculté de résiliation unilatérale. L'ambiguïté est source de litiges ; l'acte gagne à préciser explicitement « 3 ans » ou « durée indéterminée ».
  5. Reproduction de l'alinéa de résiliationde l'article 22-1 (al. 6 de la loi 89-462). Le texte lui-même doit apparaître dans l'acte, afin que la caution à durée indéterminée sache comment exercer son droit de résilier. L'omission de cette reproduction peut conduire à la nullité de l'acte, la caution n'ayant pas été informée de ses droits.
  6. Remise simultanée d'un exemplaire du bailà la caution au moment de la signature de l'acte. Cette remise prouve que la caution a pu prendre connaissance des conditions précises qu'elle garantit. Son absence peut fragiliser l'acte.
  7. Information annuelle (art. 2302 C. civ.) : le bailleur doit transmettre à la caution, avant le 31 mars de chaque année, un état de la dette (montant du loyer, charges, éventuels impayés). Cette obligation conditionne le maintien des intérêts et pénalités : à défaut d'information régulière, le bailleur est déchu du droit aux intérêts et pénalitéséchus depuis la dernière information. C'est un levier important pour contester une réclamation tardive.
Un acte de cautionnement qui omet une mention essentielle peut être contesté devant le tribunal. La jurisprudence est particulièrement exigeante depuis la réforme 2021 sur la mention manuscrite et la reproduction de l'alinéa de résiliation. En cas de doute sur la validité d'un acte, l'ADIL ou un avocat spécialisé peut en faire l'analyse.

La solvabilité attendue du garant

Comme pour la solvabilité du locataire, les bailleurs et les assurances GLI appliquent une règle d'usage pour apprécier la solvabilité d'un garant. La norme majoritaire : les revenus nets mensuels du garant doivent atteindre 4× le loyer charges comprises, soit un taux d'effort maximum théorique de 25 %.

Trois coefficients coexistent en pratique :

  • 3× (souple) : bailleur particulier sans GLI, dossier par ailleurs solide du locataire, marché locatif détendu. Rare dans les grandes villes.
  • 4× (usuel) : norme de référence des assurances loyers impayés. C'est le seuil pivot : en-dessous, l'acceptation par une GLI devient incertaine.
  • 5× (strict) : Paris intra-muros, marchés très tendus, bailleurs très sélectifs. Traduit une exigence de marge supplémentaire.

Règle absolue : les revenus du garant ne se cumulent jamaisavec ceux du locataire pour atteindre un seuil combiné. Chacun est apprécié séparément. Un locataire solvable à 2,5× son loyer avec un garant à 4,5× est accepté ; un locataire à 1,5× avec un garant à 2× ne l'est pas, même si la somme des deux dépasse largement le seuil.

Les revenus acceptés : salaire net d'un CDI, retraite, pension d'invalidité ou de réversion, revenus fonciers nets déclarés, bénéfices d'indépendant (revenu imposable annuel ÷ 12). Les revenus ponctuels ou aléatoires (primes exceptionnelles, commissions très variables) sont écartés ou minorés.

Ces règles n'ont pas de valeur légale— ce sont des normes d'usage professionnel. Aucun texte ne fixe un seuil chiffré imposant l'acceptation ou le refus d'un garant. Le refus d'une candidature garante sur des critères discriminatoires (origine, âge, handicap, situation de famille) est en revanche strictement interdit par l'art. 225-1 du Code pénal.

Cumul caution + GLI : interdit sauf exceptions

Règle essentielle posée par l'article 22-1 alinéa 2 de la loi 89-462 (dans sa rédaction issue de la loi ALUR) : un bailleur ne peut pas exiger simultanément une caution personne physique et une assurance loyers impayés. L'acte de cautionnement signé en violation de cette règle est nul de plein droit.

La logique est économique. La GLI transfère déjà le risque d'impayé vers un assureur, qui indemnise le bailleur moyennant une prime. Exiger en plus la caution d'un proche du locataire revient à faire doublement porter le risque, sans justification. Le législateur a voulu protéger les garants souvent peu informés contre cette pratique abusive.

Deux exceptionsau principe de non-cumul :

  • Exception 1 : le locataire est étudiant ou apprenti.Le cumul reste autorisé, car ces profils ont généralement des revenus faibles et instables, justifiant une double couverture. L'exception est fréquemment utilisée pour les baux étudiants de 9 mois en meublé.
  • Exception 2 : la caution est une personne morale.Une entreprise, une association, ou Action Logement via Visale : le cumul avec une GLI est autorisé. Cette exception explique pourquoi Visale est devenue si populaire — le bailleur conserve sa GLI et ajoute la couverture Visale sans risque juridique.

Recours du locataire : un locataire qui a signé un acte de cautionnement avec un proche alors que le bailleur avait une GLI peut faire annuler la caution devant le tribunal judiciaire. La procédure est simple, les preuves faciles à réunir (contrat d'assurance GLI produit par le bailleur). Une fois l'annulation prononcée, le garant est libéré rétroactivement de toutes ses obligations — y compris pour des dettes déjà nées.

Résilier un cautionnement

La résiliation d'un cautionnement dépend de sa durée.

Cautionnement à durée déterminée : pas de faculté de résiliation unilatérale. Le garant doit attendre le terme convenu. Exception : un accord express du bailleur peut libérer anticipativement la caution, mais c'est rare — le bailleur n'y a aucun intérêt. Autre issue : la nullité de l'acte pour vice de forme ou défaut d'information, à faire constater par le tribunal.

Cautionnement à durée indéterminée : faculté de résiliation unilatérale prévue à l'article 22-1 alinéa 6 de la loi 89-462. Procédure : lettre recommandée avec accusé de réception adressée au bailleur. L'envoi suffit ; aucune motivation requise, aucun préavis spécifique. La résiliation est de droit.

Effet de la résiliation : à la fin du bail en cours, pas immédiatement. Si le bail se termine dans 18 mois, la caution reste tenue pendant cette période pour les dettes nouvelles. Au-delà de cette date, plus aucune dette future ne peut lui être réclamée. Les dettes nées avantla résiliation (impayés accumulés avant la lettre de résiliation) restent à la charge de la caution même après l'extinction de l'engagement — la résiliation est pour l'avenir, pas rétroactive.

Décès du garant : point réformé par l'ordonnance de 2021. L'article 2294 du Code civil pose désormais une présomption d'extinctiondu cautionnement au décès. Les héritiers ne reprennent pas automatiquement l'engagement pour les dettes futures. Ils restent tenus des dettes déjà nées à la date du décès, dans la limite de leur part successorale. Une clause contraire (transmission expresse aux héritiers) est possible mais strictement encadrée par la jurisprudence ; les tribunaux les interprètent restrictivement.

À envoyer dès la réception d'un premier impayé ou d'un signal de difficultés financières du locataire.Plus la résiliation est précoce, plus elle limite les dettes futures. Une résiliation tardive — envoyée alors que le locataire cumule déjà plusieurs mois d'arriérés — ne soulage qu'en partie. Les impayés accumulés avant la date de résiliation restent dus.

La garantie Visale, alternative gratuite

Visale est le dispositif de cautionnement proposé par Action Logement, financé par la participation des employeurs à l'effort de construction (ex-1 % logement). Juridiquement, c'est un cautionnement solidaire classique — mais délivré par une personne morale. Les conséquences pratiques sont considérables : cumul GLI autorisé, formalités en ligne, gratuité totale pour le locataire comme pour le bailleur.

Qui est éligible :

  • Tous les locataires de moins de 30 ans, sans condition de revenus ni de statut. C'est la population cible principale.
  • Les salariés en mobilité professionnelle (nouvel emploi, mutation) en début de bail, sans limite d'âge.
  • Les étudiants et alternants, y compris étrangers sous conditions.
  • Certains ménages accompagnés par des acteurs de l'intermédiation locative agréés.

Couverture : jusqu'à 36 mois d'impayés(9 mois en résidence étudiante avec bail spécifique), plus les dégradations locatives jusqu'à 2 mois de loyer. Les frais de procédure sont inclus. Le bailleur est indemnisé directement par Action Logement qui se retourne ensuite contre le locataire pour récupérer les sommes — plus rapide qu'une action individuelle en recouvrement.

Démarche : le locataire crée un compte sur visale.fr, obtient un visa en ligne en 48 heures, le transmet au bailleur pour signature. Aucun formulaire papier, aucun justificatif supplémentaire au-delà du dossier locatif classique. Pour le bailleur, la procédure est encore plus simple : quelques clics pour valider la garantie.

Dans 80 % des cas où un locataire éligible doit fournir une caution, Visale est la meilleure option objectivement. Certains bailleurs la refusent encore par méconnaissance ou préférence pour le modèle familial ; le locataire bien informé peut argumenter (gratuité, rapidité, cumul GLI possible) pour la faire accepter.

Le cas de la colocation

La colocation ajoute une couche de complexité au cautionnement, liée à la structure du bail et à la présence éventuelle d'une clause de solidarité entre colocataires.

Bail unique avec clause de solidarité(configuration la plus fréquente) : tous les colocataires signent un seul bail, chacun solidaire des dettes des autres. Deux modèles possibles pour la caution : une caution couvrant solidairement l'ensemble des colocataires (engagement maximal), ou une caution par colocataire, chacune couvrant la part de son propre locataire. Cette seconde option est plus protectrice pour chaque garant mais plus lourde à gérer pour le bailleur.

Départ d'un colocataire sous régime de solidarité : la loi ALUR (art. 8-1 loi 89-462) limite la solidarité à 6 moisaprès le congé du colocataire sortant, sauf arrivée d'un colocataire remplaçant agréé par le bailleur qui libère immédiatement la solidarité. La caution du colocataire sortant est logiquement libérée dans les mêmes conditions : elle ne couvre plus les dettes nées après les 6 mois suivant le départ.

Baux individuels en colocation : chaque colocataire signe son propre bail pour sa chambre + quote-part des communs. Aucune solidarité entre colocataires. Chaque caution couvre uniquement la part de son propre locataire, sans extension aux autres. Cette configuration est plus simple juridiquement mais moins courante en pratique.

Avant de se porter garant d'un colocataire, bien vérifierla structure du bail (unique ou individuel), la présence d'une clause de solidarité, et l'étendue précise de l'engagement demandé. Les tribunaux interprètent strictement les actes : une caution qui garantit « le paiement du loyer » dans une colocation à bail unique avec solidarité peut être tenue pour la totalité des impayés, pas seulement pour la quote-part de son filleul.

Questions fréquentes

Jusqu'à quand un garant est-il engagé ?

Si l'acte fixe une durée déterminée (par exemple 3 ans = bail initial, ou 6 ans = bail + 1 reconduction), la caution s'éteint automatiquement à ce terme. Si l'acte est à durée indéterminée, l'engagement court jusqu'à ce que le garant exerce sa faculté de résiliation unilatérale prévue à l'art. 22-1 de la loi du 6 juillet 1989. La résiliation prend alors effet à la fin du bail en cours, pas immédiatement. Pour les dettes nées avant la résiliation, la caution reste tenue même après.

Quel est le montant maximum qu'un garant peut devoir ?

La caution est tenue dans la limite du montant expressément indiqué dans l'acte, apposé de sa main en chiffres et en lettres. En cas de divergence, les lettres prévalent. En pratique, le plafond couvre les loyers et charges cumulés sur la durée d'engagement, plus une majoration usuelle de 10 % pour frais de procédure, intérêts de retard et indemnités d'occupation. Un bail vide de 3 ans avec un loyer CC de 900 € représente ainsi un engagement minimum d'environ 35 000 €.

Le garant peut-il se retirer en cours de bail ?

Uniquement pour un cautionnement à durée indéterminée. Il notifie sa résiliation par lettre recommandée avec accusé de réception au bailleur. Effet à la fin du bail en cours : si le bail se termine dans deux ans, la caution reste engagée jusqu'à cette échéance. Pour un cautionnement à durée déterminée, il faut attendre le terme, sauf accord exprès du bailleur. Pour les dettes déjà nées (loyers impayés accumulés avant la résiliation), la caution reste tenue.

Quelle différence entre caution simple et caution solidaire ?

La caution simple bénéficie du bénéfice de discussion (le bailleur doit poursuivre d'abord le locataire avant la caution) et du bénéfice de division (répartition entre plusieurs cautions le cas échéant). La caution solidaire renonce à ces deux bénéfices et peut être appelée directement dès le premier impayé. Presque tous les bailleurs exigent la solidarité ; la mention 'solidaire' doit apparaître expressément dans l'acte. Sans mention, la caution est simple par défaut.

Le bailleur peut-il exiger une caution ET une assurance loyers impayés (GLI) ?

Non, sauf exceptions. L'article 22-1 al. 2 de la loi 89-462 (issu de la loi ALUR) interdit le cumul d'une caution personne physique et d'une GLI, à peine de nullité de l'acte de cautionnement. Deux exceptions : le locataire est étudiant ou apprenti (cumul autorisé), ou la caution est une personne morale (entreprise, association, Visale). Un locataire qui a signé un acte de cautionnement alors que le bailleur avait déjà une GLI peut demander l'annulation de la caution.

La caution couvre-t-elle les dégradations ?

En principe non. La caution couvre les loyers impayés, les charges, les intérêts de retard, les frais de procédure et les indemnités d'occupation. Les dégradations matérielles (détériorations du logement) relèvent du dépôt de garantie, éventuellement complété d'une action en responsabilité contre le locataire. Pour que la caution couvre les dégradations, il faut une clause expresse et très précise dans l'acte, que la jurisprudence interprète strictement. En pratique, c'est rare et déconseillé.

Le garant doit-il gagner 4 fois le loyer ?

C'est la norme d'usage la plus fréquente, sans valeur légale. Les bailleurs particuliers souples acceptent 3× le loyer CC, les marchés très tendus (Paris) exigent 5×. Les assurances loyers impayés (GLI) appliquent quasi systématiquement le seuil de 4×. Ces règles sont cumulatives : les revenus du garant ne s'additionnent jamais à ceux du locataire pour atteindre un seuil combiné. Le refus d'un garant pour des motifs discriminatoires (origine, âge, handicap) est interdit par l'art. 225-1 du Code pénal.

La garantie Visale remplace-t-elle un garant ?

Oui, totalement. Visale est une caution personne morale délivrée par Action Logement. Elle est gratuite pour le locataire comme pour le bailleur, accessible aux moins de 30 ans sans condition de revenus, aux salariés en mobilité professionnelle, aux étudiants et alternants. Elle couvre jusqu'à 36 mois d'impayés (9 mois en résidence étudiante) ainsi que les frais de procédure. Particularité importante : elle est cumulable avec une GLI (dérogeant au principe du non-cumul), ce qui en fait la solution optimale pour les profils tendus.

Générer l'acte

Acte de cautionnement solidaire conforme 2026.

Mentions obligatoires à jour de la réforme des sûretés 2021 : mention manuscrite simplifiée, reproduction de l'alinéa de résiliation, montant en chiffres et en lettres, remise simultanée du bail. PDF et Word, signature en quelques minutes.

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