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Mise en demeure pour loyer impayé : guide complet du bailleur

Quand l'envoyer, comment la rédiger, différence avec le commandement de payer, procédure après l'envoi. Tout ce qu'il faut savoir pour agir efficacement face à un impayé de loyer.

La rédaction· Contrat-de-location.com
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Le loyer de janvier n'est pas arrivé. Ni celui de février. Le bailleur a appelé, envoyé des SMS, sans réponse. À partir de quand faut-il passer à l'écrit ? Quel document envoyer en premier ? Quelle est la différence entre une mise en demeure et un commandement de payer ? Et que se passe-t-il si le locataire ignore la lettre ? Ce guide répond à ces questions dans l'ordre chronologique d'une procédure pour impayé de loyer.

En résumé : La mise en demeure est un courrier formel par lequel le bailleur somme le locataire de régler ses impayés sous un délai déterminé. Elle n'est pas légalement obligatoire mais constitue une pièce clé du dossier judiciaire. Elle doit être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) et précéder le commandement de payer par huissier.

Qu'est-ce qu'une mise en demeure ?

La mise en demeure est un acte juridique par lequel une personne — ici le bailleur — notifie formellement à une autre — le locataire — qu'elle doit exécuter une obligation dans un délai précis, sous peine d'engager une procédure judiciaire. Dans le cadre locatif, elle vise principalement le non-paiement du loyer et des charges.

C'est un acte sous seing privé, c'est-à-dire rédigé et signé par le bailleur lui-même, sans intervention d'un officier ministériel. Cette simplicité la distingue du commandement de payer, qui est un acte d'huissier aux effets juridiques plus lourds.

Valeur juridique : dûment envoyée en LRAR et produite devant un tribunal, la mise en demeure prouve que le bailleur a mis le locataire en mesure de régulariser sa situation avant toute procédure. Les juges apprécient positivement cette démarche amiable préalable — et certaines juridictions la considèrent comme un préalable de bonne foi obligatoire.

La mise en demeure peut viser d'autres manquements que les impayés de loyer : défaut d'entretien du logement, troubles de voisinage répétés, sous-location non autorisée, défaut d'assurance habitation (obligation légale du locataire). Le document est identique dans sa forme ; seule la nature du manquement change.

Quand envoyer une mise en demeure ?

Il n'existe pas de règle légale imposant un délai avant d'envoyer une mise en demeure. En pratique, les praticiens du droit locatif distinguent plusieurs stades.

  • Dès le premier impayé : certains bailleurs préfèrent envoyer une mise en demeure dès le premier mois de loyer impayé. Cette réactivité a le mérite de ne pas laisser la dette s'accumuler et montre au locataire que la situation est prise au sérieux.
  • Après une relance amiable infructueuse : beaucoup de professionnels conseillent de tenter d'abord un contact direct (appel téléphonique, email, SMS) avant la lettre formelle. En cas d'impayé occasionnel lié à un aléa de trésorerie, ce dialogue peut suffire. Conserver la trace de ces échanges.
  • En cas de récidive : si un locataire a déjà eu des impayés par le passé qui se sont régularisés, passer directement à la mise en demeure dès le premier jour de retard peut être justifié.
Ne pas attendre. Un retard de six mois représente souvent six mois de loyer perdus — sans compter les charges. Plus la dette est ancienne, plus le recouvrement est difficile. Chaque mois d'attente affaiblit la position du bailleur et renforce le risque d'insolvabilité du locataire.

Il est également recommandé d'informer rapidement la CAF ou la MSA si le locataire perçoit des aides au logement (APL, ALS, ALF). Ces organismes peuvent verser les aides directement au bailleur (tiers-payant) en cas d'impayé signalé.

Contenu obligatoire de la mise en demeure

Pour être pleinement efficace et opposable devant un tribunal, la mise en demeure doit être précise et complète. Un document vague ou incomplet sera moins convaincant lors de l'audience.

  • Identité et adresse du bailleur (expéditeur) : nom, prénom (ou dénomination sociale), adresse complète.
  • Identité du locataire (destinataire) : nom, prénom. Si plusieurs locataires figurent au bail (colocation, couple), adresser la lettre à tous les titulaires.
  • Adresse précise du logement : avec numéro de rue, code postal et ville. Indispensable pour identifier sans ambiguïté le bien concerné.
  • Détail des mois impayés : liste chronologique de chaque mois impayé avec le montant dû (loyer + charges). Un tableau est recommandé pour la clarté.
  • Montant total de la dette : somme de tous les impayés. Mentionner séparément le loyer nu et les charges si le bail les distingue.
  • Délai accordé pour régulariser : 8 jours est l'usage reconnu. Indiquer la date précise de l'échéance (ex. : "avant le 15 mars 2026").
  • Avertissement de recours judiciaire : en cas de non-paiement dans le délai, préciser que le bailleur se réserve le droit de saisir le tribunal judiciaire et de faire délivrer un commandement de payer par huissier.
  • Référence légale : article 7 (obligation de paiement du locataire) et article 24 (clause résolutoire) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
  • Lieu, date et signature du bailleur.
Conseil de rédaction : adoptez un ton ferme mais factuel. Évitez les formulations menaçantes ou émotionnelles qui pourraient desservir le bailleur devant un juge. L'objectif est de documenter la situation avec précision, pas d'intimider.

L'envoi en LRAR : pourquoi c'est indispensable

La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) n'est pas une formalité administrative : c'est le seul mode d'envoi qui crée une preuve juridiquement solide de la notification.

  • Preuve de la date de réception : l'accusé de réception signé par le locataire (ou le cachet "avisé" de La Poste en cas d'absence) fixe la date à partir de laquelle le délai de paiement commence à courir. Sans cette date certaine, impossible de prouver devant un tribunal que le locataire a bien été mis en demeure.
  • Preuve de l'envoi : le récépissé remis par le bureau de poste atteste que le courrier a été envoyé à cette date précise. Conserver ce document avec l'accusé de réception.
  • Poids judiciaire : une LRAR produite comme pièce lors d'une audience a une force probante nettement supérieure à un email ou un SMS, même si ces derniers constituent également des preuves admissibles.
Si le locataire refuse de signer l'accusé de réception ou ne retire pas le pli, cela ne le libère pas de sa responsabilité. La tentative de remise par La Poste est inscrite dans les archives, et le juge considère généralement que le locataire a été régulièrement notifié dès lors que le courrier était adressé à son domicile légal.

Pratiquement : déposez votre courrier dans un bureau de poste en demandant un envoi en recommandé AR. Conservez le récépissé d'envoi dans votre dossier locataire. Lorsque l'avis de réception vous revient signé (ou avec le cachet "avisé"), classez-le immédiatement — c'est une pièce maîtresse de votre dossier.

Mise en demeure vs commandement de payer : deux actes distincts

La confusion entre ces deux documents est fréquente. Pourtant, ils n'ont pas la même nature, ni les mêmes effets juridiques.

  • La mise en demeure est un acte sous seing privé rédigé par le bailleur. Elle n'implique aucun frais (hors timbre postal) et peut être envoyée dès le premier impayé. Elle met en demeure le locataire de payer, mais elle ne déclenche pas automatiquement la clause résolutoire du bail.
  • Le commandement de payer est un acte d'huissier de justice (aujourd'hui commissaire de justice). Il coûte entre 150 et 300 € selon les prestations. C'est le seul acte qui déclenche la clause résolutoire prévue à l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 : si le locataire ne paie pas dans les deux mois suivant la signification du commandement, le bail peut être résilié de plein droit par le juge.
L'ordre logique : mise en demeure par LRAR → sans réponse → commandement de payer par huissier → délai de 2 mois → saisine du tribunal → jugement de résiliation + expulsion. La mise en demeure n'est pas obligatoire dans cette chaîne, mais elle documente la bonne foi du bailleur et peut accélérer la procédure.

Pour les dettes locatives modestes (quelques centaines d'euros), la mise en demeure seule suffit parfois à obtenir le paiement sans aller jusqu'au commandement de payer. Pour des dettes importantes ou un locataire de mauvaise foi, passer directement au commandement de payer est souvent plus efficace.

Que faire après l'envoi de la mise en demeure ?

Après envoi de la LRAR, trois scénarios sont possibles.

  • Le locataire paie intégralement dans le délai : c'est le meilleur scénario. Accusez réception du paiement par écrit et conservez la preuve. Aucune suite à donner, mais surveillez les prochaines échéances.
  • Le locataire paie partiellement ou demande un délai : vous pouvez accepter un plan d'apurement, c'est-à-dire un accord de paiement échelonné de la dette. Formalisez cet accord par écrit (courrier ou email avec accusé), en précisant les montants et les dates. Un plan d'apurement non respecté aggrave la situation juridique du locataire.
  • Le locataire ne répond pas ou refuse de payer : passer à l'étape suivante : faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (huissier), qui déclenche la clause résolutoire, ou saisir directement le tribunal judiciaire pour obtenir un titre exécutoire (condamnation au paiement).
Ne jamais couper les fluides (eau, électricité, gaz) ni changer les serrures pour forcer le locataire à partir. Ces actes sont pénalement répréhensibles (voie de fait, violation de domicile) et retournent systématiquement le juge contre le bailleur, même si le locataire est manifestement de mauvaise foi.

Procédure judiciaire et expulsion : les étapes

Si la mise en demeure reste sans effet et que le commandement de payer n'est pas suivi de paiement dans les deux mois, la procédure judiciaire peut être engagée. Voici les grandes étapes.

  • Saisine du tribunal judiciaire : le bailleur saisit le tribunal du lieu du logement, soit en référé (urgence, pour une décision rapide), soit au fond (procédure normale). La procédure en référé est plus rapide mais réservée aux situations d'urgence caractérisée.
  • Audience : les deux parties sont convoquées. Le juge examine les pièces (bail, quittances, mises en demeure, commandement de payer). Si la clause résolutoire a joué, le juge constate la résiliation du bail. Il peut accorder des délais de paiement au locataire (délais de grâce, jusqu'à 3 ans).
  • Jugement : le juge condamne le locataire au paiement des sommes dues et, le cas échéant, prononce son expulsion. Il fixe un délai pour quitter les lieux.
  • Expulsion : si le locataire ne part pas dans le délai fixé, le bailleur fait signifier le jugement par huissier. L'expulsion ne peut être exécutée que le jour ouvrable, entre 6h et 21h, et en dehors de la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars). Le concours de la force publique peut être requis auprès du préfet.
Délais réalistes : de la mise en demeure au jugement, comptez en moyenne 6 à 12 mois selon la juridiction et la complexité du dossier. Certains référés aboutissent en 2 à 3 mois. La trêve hivernale peut ajouter plusieurs mois supplémentaires en cas d'expulsion en fin d'année.

Les propriétaires couverts par la garantie Visale (Action Logement) ou une assurance loyers impayés (GLI) peuvent parallèlement activer leur garantie dès le premier impayé. Ces organismes prennent en charge une partie de la dette et peuvent accompagner la procédure judiciaire.

Questions fréquentes

La mise en demeure est-elle obligatoire avant de saisir le tribunal ?

Elle n'est pas légalement obligatoire, mais elle est fortement recommandée et souvent exigée en pratique. Elle prouve que le bailleur a tenté de régler le litige amiablement, et est nécessaire pour activer la clause résolutoire du bail (art. 24, loi 89-462).

Doit-elle être envoyée en recommandé avec accusé de réception ?

Oui, impérativement. La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) atteste la date de réception par le locataire, point de départ du délai de paiement. Un simple email ou courrier ordinaire n'a pas la même valeur probante devant un tribunal.

Quel délai accorder au locataire pour payer ?

La pratique courante est un délai de 8 jours. Aucun délai minimum n'est fixé par la loi pour une mise en demeure simple, mais 8 jours est le standard reconnu par les juridictions. Pour activer la clause résolutoire, un commandement de payer par huissier laissant un délai de 2 mois est nécessaire.

Quelle différence entre mise en demeure et commandement de payer ?

La mise en demeure est un courrier privé envoyé par le bailleur. Le commandement de payer est un acte d'huissier de justice, obligatoire pour déclencher la clause résolutoire du bail et lancer une procédure d'expulsion. La mise en demeure précède souvent le commandement de payer.

Que faire si le locataire ne répond pas dans le délai ?

Sans paiement dans le délai imparti, le bailleur peut : faire délivrer un commandement de payer par huissier (pour activer la clause résolutoire), saisir le tribunal judiciaire en référé ou au fond, et solliciter la résiliation du bail ainsi que l'expulsion.

La mise en demeure peut-elle concerner d'autres manquements que les impayés ?

Oui. La mise en demeure peut viser tout manquement aux obligations du locataire : défaut d'entretien, troubles de voisinage, sous-location non autorisée, défaut d'assurance habitation. Le modèle et la procédure restent similaires.

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